L'agriculture : un acteur clé de la transition écologique et énergétique

L’agriculture est l’un des secteurs stratégiques pour la transition écologique et énergétique de la France.

C’est avec ces mots que Jérôme Mousset de l’ADEME a débuté sa présentation de l’état des lieux des consommations énergétiques du secteur de l’agriculture français lors de la conférence organisée par Fabacéé dans le cadre du dernier Salon International de l’Agriculture. 

De quoi poser le décor des enjeux colossaux qui englobent le sujet de la sobriété énergétique du secteur de l’agriculture. “Tous les scénarios de prospective montrent que notre pays ne pourra parvenir à sa transition sans la contribution du secteur de l’agriculture qui apporte de nombreuses solutions.” poursuit-il.

Quel est le profil énergétique de l’agriculture en France ? En quoi sa transition vers des pratiques plus sobres est-elle si importante ? Quelles sont les solutions pour augmenter la résilience du secteur ? 

Dans cet article, on vous propose de faire le point sur ces sujets qui sont au cœur de la raison d’être du programme Fabacéé. 

Un enjeu majeur : sortir de l’utilisation des énergies fossiles 

Bien que la contribution de l’agriculture aux émissions de gaz à effet de serre de notre pays soit surtout liée au cycle du carbone et de l’azote, les consommations énergétiques sont à l’origine de 30% des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Ce chiffre monte jusqu’à 60% si on y intègre les émissions liées à la fertilisation azotée ! 

Le secteur agricole est le 4ème secteur le plus consommateur d’énergie en France. Cette proportion représente au total 40 TWh, dont 70 à 75 % proviennent des produits pétroliers. Le modèle énergétique agricole actuel, intenable sur le long terme du fait de la raréfaction de ce type de ressource énergétique, expose en outre le secteur aux variations imprévisibles des prix du pétrole. 

Dans tous les scénarios de transition énergétique, l’objectif commun est de réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles d’ici 2050. Dans un premier temps, et d’ici 2030-2035, l’un des objectifs majeurs sera d’inverser la tendance énergétique : réduire la part des énergies carbonées importées de 60 % pour atteindre 60 % d’énergies bas carbone. Cela implique une évolution massive des pratiques et des technologies. 

Dans cette perspective, la question qui se pose est la suivante : comment envisager une agriculture en 2050 qui se passe des énergies fossiles ? Deux leviers principaux s'offrent à l’agriculture pour atteindre cet objectif : la sobriété énergétique et l’efficacité énergétique.

Le profil énergétique du secteur agricole 

Le secteur agricole présente des diversités de profils énergétiques très fortes selon les systèmes de production. Les niveaux de dépendance aux énergies fossiles sont également très variables selon les types d’exploitation agricole. 

Pour ce qui concerne les consommations d’énergie directe, la moitié de la consommation du secteur est liée à l’utilisation du fioul. Ce combustible, largement utilisé dans les engins agricoles et pour le chauffage, est une source de pollution importante. De plus, il constitue, dans les modèles économiques des exploitations, une variable qui s’avère instable du fait des fluctuations des prix de l’énergie

À côté du fioul, le 2ème poste de consommation significatif est l’électricité (18%), utilisée notamment pour les équipements des exploitations agricoles et dans les bâtiments d'élevage, ainsi que du gaz (utilisé dans des installations spécifiques, telles que le chauffage des serres).

Si l’on regarde le sujet du point de vue de la consommation par type d’usage, on constate que 60% de la consommation énergétique est liée à l’utilisation d’engins agricoles, notamment les tracteurs et autres équipements utilitaires. 11% de l’énergie est utilisée pour les bâtiments d'élevage (électricité et gaz), tandis que 10% sont consommés dans les serres, essentiellement pour du gaz pour leur chauffage.

Répartition des consommations d’énergie directe par type d’usage dans les exploitations agricoles en 2011 (Source : ADEME)

50 à 60% de l’énergie consommée provient des intrants agricoles

L’une des grandes particularités du système énergétique agricole est que l’essentiel de la consommation concerne l’énergie indirecte, c'est-à-dire celle consommée pour la fabrication, le transport et l’utilisation d’intrants dans l’exploitation agricole. En effet, les intrants agricoles, comme les engrais azotés et l’alimentation animale, sont à l'origine d’une consommation d’énergie considérable : au total, environ 50 à 60% de l’énergie consommée par le secteur agricole provient de ces postes.

Cette réalité souligne que la transition énergétique du secteur ne doit pas se limiter à la réduction de la consommation d’énergie directe dans les exploitations agricoles, comme par exemple l’investissement dans du matériel plus efficient ou à une meilleure utilisation du matériel existant. Elle doit aussi inclure une réduction de la dépendance aux intrants énergétiques, et donc une évolution plus systémique et de fond des pratiques culturales. 

S’affranchir des énergies fossiles ne pourra se faire qu’au regard de ces deux types de consommations. 

Source : ADEME Mag n°124, p125 (2019

Les solutions à court et à long terme : vers une évolution du système agricole

Ces dernières années, de nombreuses études ont révélé des stratégies pour diminuer la dépendance énergétique de l’agriculture, avec des solutions allant de mesures rapides et accessibles à des transformations de fond, plus complexes et progressives, mais efficaces sur le long terme.

1. Bien choisir ses équipements agricoles

Les équipements agricoles représentent le principal poste de consommation d'énergie directe. Chaque investissement dans ce domaine doit être réfléchi : est-ce que l’équipement est sobre en énergie ? Est-il adapté aux besoins de l’exploitation et efficace sur le long terme ? Les équipements agricoles, qui peuvent durer 10 à 20 ans, doivent être pensés en fonction de la neutralité carbone et de la réduction de la dépendance aux fossiles.

2. Faire évoluer ses pratiques agricoles

Les pratiques agricoles peuvent aussi aider à réduire la consommation d’énergie. Simplifier le travail du sol, optimiser la fertilisation azotée ou valoriser les effluents organiques sont des leviers importants pour réduire la consommation d’engrais azoté et donc la dépendance aux énergies fossiles. L’objectif est de réduire la consommation indirecte d’énergie, notamment en diminuant les besoins en engrais chimiques.

3. Engager des changements systémiques

A terme, les changements systémiques au sein des exploitations agricoles restent la meilleure manière de s’affranchir des énergies fossiles et de réduire les consommations énergétiques sur le long court. Parmi elles, on peut citer notamment l'intégration de cultures de légumineuses dans les rotations agricoles ce qui permet  d’enrichir les sols en azote de manière naturelle, réduisant ainsi le recours aux engrais . De la même manière, l’intégration de couverts végétaux dans la rotation de cultures permet de protéger les sols de l’érosion et d’augmenter leur fertilité tout en réduisant la consommation d’intrants. 

Vers une agriculture sobre et résiliente : engagez-vous dès maintenant !

Le rôle de l’agriculture dans la transition énergétique est indéniable. Elle doit, d’ici 2050, sortir progressivement des énergies fossiles tout en continuant de produire pour assurer la souveraineté alimentaire de nos territoires et de notre pays. Cela implique une réduction de la consommation d’énergie directe et une transformation du mix énergétique, mais aussi une révision de l’ensemble du système de production.

Mais le secteur de l’agriculture fait aussi partie des solutions pour faciliter la transition écologique et énergétique de la France. La préservation des terres agricoles permet par exemple de sanctuariser des espaces de stockage de carbone. On estime ainsi que l’agriculture pourrait contribuer à stocker 3 à 4 milliards de tonnes de carbone dans les sols. 

De plus, le secteur agricole pourrait contribuer de manière importante à la production d’énergies renouvelables. On évalue cette capacité de production à hauteur de 20% du total d’énergies renouvelables que la France pourrait produire. 

Fabacéé, premier et seul programme CEE financé dans le secteur de l’agriculture, vise à créer un collectif pour accompagner le secteur agricole vers la sobriété et la résilience énergétique. 24 structures d’accompagnement et 1000 exploitations agricoles ont déjà intégré le programme. 

Rejoignez les : déposez votre candidature avant le 25 avril !

Revivez la conférence “Agriculture & énergie : de la dépendance à la résilience” organisée par Fabacéé dans le cadre du salon de l’agriculture :

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